URGENT-RDC : Voici le point complet de la situation qui règne à Uvira  ce mardi soir

Après une journée marquée par de fortes tensions et une circulation intense de rumeurs, la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, a retrouvé son calme ce mardi 9 décembre 2025 au soir.

Les autorités provinciales, les forces de sécurité et plusieurs sources locales apportent des clarifications essentielles afin de rassurer une population encore sous le choc.


Une matinée agitée par des rumeurs et mouvements inhabituels

Dès les premières heures de la matinée, un climat d’inquiétude a gagné la ville. Plusieurs rumeurs, largement relayées dans les quartiers, ont fait croire à une prétendue fuite des militaires FARDC d’Uvira vers Kalemie.
Cependant, les autorités militaires démentent formellement cette information.

Selon les FARDC, il ne s’agissait nullement d’une débandade, mais d’un simple mouvement de routine lié au remplacement des unités :

  • de nouvelles troupes en provenance de Kalemie sont arrivées à Uvira,
  • tandis que les unités précédemment déployées rentrent à Kalemie pour relève.

Ce mouvement, mal interprété par certains habitants, a malheureusement alimenté la panique.


Explosions entendues : une mine antipersonnel et non des bombardements

La ville a également été secouée par un puissant bruit assimilé à une explosion, provoquant frayeur et confusion.
Le gouverneur du Sud-Kivu a clarifié la situation dans un communiqué officiel.

➡️ Aucune bombe n’a explosé dans la ville d’Uvira.
➡️ Le bruit provient d’une mine antipersonnel ayant sauté dans les montagnes de Kasenga, dans la plaine de la Ruzizi.
➡️ Les FARDC, déjà renforcées sur les différents fronts, poursuivent des opérations de sécurisation.

Par ailleurs, selon plusieurs sources locales, des jeunes collaborateurs de l’ennemi auraient été appréhendés après avoir tenté de poser des engins explosifs artisanaux destinés à semer la peur dans la population. Les FARDC ont rapidement neutralisé les dispositifs signalés.


Tirs entendus dans la ville : écartements entre militaires

Une autre source de panique provient des coups de feu aperçus en ville, notamment près du port. Selon les informations recueillies, il ne s’agissait pas d’une attaque ennemie, mais d’éléments militaires en cours de relève qui, en se dirigeant vers leur embarcation, auraient été impliqués dans des actes de pillage de boutiques.
La situation a été rapidement maîtrisée.

Ce soir, les autorités confirment que toute la ville est calme.


Pression rebelle dans la plaine de la Ruzizi : Kiliba sous contrôle de l’AFC/M23

Sur le plan militaire, la situation demeure néanmoins préoccupante dans la plaine de la Ruzizi.
Les rebelles de l’AFC/M23 ont pris le contrôle de la cité stratégique de Kiliba, située à 17 km d’Uvira, renforçant la pression sur la région.

La veille, le député national Justin Bitakwira a alerté l’opinion sur la progression rebelle :

« Si Uvira tombe, ils seront à Kolwezi dans moins de quatre jours, à Mbujimayi dans moins d’une semaine, à Kenge dans moins d’un mois, et ensuite à Kinshasa ».

Le gouvernement burundais affirme pour sa part que l’AFC/M23 projette de s’emparer d’Uvira et de foncer vers Kalemie avant le 25 décembre, un plan qu’il dit avoir identifié dans ses rapports de sécurité.


Forte pression migratoire : afflux massif à la DGM d’Uvira

Parallèlement à ces tensions militaires, la ville connaît depuis le 8 décembre un afflux inhabituel au bureau local de la Direction Générale de Migration (DGM).

Des centaines de familles, jeunes, femmes et hommes cherchent à obtenir les documents migratoires CPGL et les titres tenant-lieu, afin de rejoindre le Burundi ou la Tanzanie.
Le phénomène s’est amplifié ce mardi matin lorsque les coups de feu entendus en ville ont provoqué une débandade générale devant les guichets de la DGM.

Plusieurs demandeurs dénoncent :

  • une hausse irrégulière des frais d’obtention des documents,
  • des pratiques de corruption,
  • la nécessité de recourir à « un ami ou un proche » pour être servi rapidement.

Cette situation, déjà délicate pour les populations en détresse, interpelle les autorités sur la nécessité de garantir un accès équitable, transparent et sécurisé aux documents officiels.


Conclusion : un calme précaire qui repose sur une vigilance accrue

En dépit du retour au calme observé ce soir dans la ville d’Uvira, la situation reste extrêmement volatile autour de la plaine de la Ruzizi, alors que les rebelles poursuivent leur offensive.

Les autorités appellent la population :

  • à garder son calme,
  • à éviter les rumeurs,
  • et à faire confiance aux informations officielles.

Les FARDC, appuyées par les renforts déjà positionnés, poursuivent les opérations de sécurisation tandis que les services de l’État tentent de répondre aux besoins croissants des habitants.


Muller Mundeke Kalonji

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