RDC-RWANDA : Félix Tshisekedi et Paul Kagame signent enfin l’accord de paix à Washington, voici le conten complet

Les présidents Félix-Antoine Tshisekedi de la République démocratique du Congo et Paul Kagame du Rwanda s’apprêtent ce jeudi à Washington assigner un accord de paix et de coopération économique visant à mettre fin à plus d’une décennie de guerre dans l’Est de la RDC.

Cette signature intervient après plusieurs mois de négociations intenses, facilitées par une médiation internationale impliquant notamment les États-Unis et le Qatar.


Un accord présenté comme historique

Cet accord, déjà paraphé en juin 2025 par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, vise à instaurer une cessation durable des hostilités, à réorganiser la coopération sécuritaire régionale et à ouvrir un cadre économique intégré entre la RDC, le Rwanda et d’autres partenaires internationaux.

Il intervient dans un contexte marqué par une escalade de violences qui a vu plusieurs villes stratégiques tomber sous le contrôle du mouvement rebelle M23, soutenu par Kigali, provoquant des milliers de morts et un déplacement massif de civils.


Ce que prévoit l’accord et les zones d’ombre persistantes

Les engagements formels

  • Engagement à une cessation totale des hostilités entre les deux pays.
  • Mise en place d’un mécanisme conjoint de sécurité pour surveiller le calme dans les zones sensibles.
  • Lancement d’un cadre de coopération économique destiné à stimuler les investissements régionaux, notamment dans les secteurs miniers, énergétiques et des infrastructures.
  • Engagement de la RDC à neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé d’origine rwandaise toujours actif dans l’Est du pays.
  • Engagement du Rwanda à lever ses « mesures défensives », sans préciser clairement la nature ou la localisation de ces dispositifs.

Le flou autour du retrait des troupes rwandaises

Un point majeur continue de susciter inquiétude et incompréhension : l’accord ne mentionne pas explicitement le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, pourtant exigé par Kinshasa lors des rounds de négociation.

Le texte parle plutôt de « désengagement » ou de « levée des mesures défensives du Rwanda », sans préciser si cela implique un départ effectif de ses forces ni selon quel calendrier. Cette ambiguïté soulève la crainte que Kigali maintienne une présence militaire indirecte ou sous un autre prétexte.

Les doutes sur la neutralisation des FDLR

Du côté congolais, la responsabilité de neutraliser la FDLR est clairement inscrite dans l’accord, sans aucune marge d’interprétation. Or, malgré des opérations ponctuelles, la présence de ce groupe demeure un facteur de tension régionale, et certains observateurs craignent que cet engagement ne soit utilisé pour justifier une pression militaire ou diplomatique continue sur Kinshasa.


Une signature hautement symbolique, sous le regard de huit chefs d’État

La cérémonie de Washington se déroulera en présence de huit dirigeants africains invités comme témoins, signe d’une volonté de régionaliser le processus de paix et d’offrir des garanties politiques.

Les chefs d’État attendus sont notamment :

  • João Lourenço (Angola)
  • Évariste Ndayishimiye (Burundi)
  • Faure Gnassingbé (Togo)
  • William Ruto (Kenya)
  • Tamim ben Hamad Al Thani (Qatar)
  • Mohammed ben Zayed (Émirats arabes unis)
  • Yoweri Kaguta Museveni (Ouganda)
  • Le président de la Commission de l’Union africaine

La présence de ces dirigeants doit renforcer la dimension interafricaine du processus et encourager un engagement total des deux parties dans la mise en œuvre de l’accord.


Un accord de paix… mais aussi un accord économique

En parallèle du volet sécuritaire, les deux pays signeront également un cadre d’intégration économique régionale. Ce dispositif prévoit :

  • La facilitation des investissements internationaux dans l’Est de la RDC.
  • La création de corridors commerciaux transfrontaliers sécurisés.
  • Le développement conjoint de projets énergétiques et miniers.
  • La mise en place d’un comité régional de suivi économique.

La réussite de ce volet dépendra toutefois du retour effectif de la paix sur le terrain, condition indispensable à tout développement durable.


Entre optimisme prudent et scepticisme profond

L’accord suscite un espoir réel tant chez les populations affectées que chez les partenaires internationaux. Le potentiel de stabilisation est immense, surtout pour les régions meurtries du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

Mais plusieurs défis majeurs demeurent :

  • L’absence de garanties claires sur le retrait des forces rwandaises.
  • Le rôle ambigu du M23, non directement impliqué dans la signature.
  • Le risque que le volet économique serve de prétexte à une exploitation accrue des ressources naturelles sans bénéfice réel pour les populations locales.
  • Le manque de mécanismes de justice et de réparation pour les victimes de massacres, violences sexuelles et déplacements forcés.

Sans une application rigoureuse, surveillée et transparente de l’accord, nombre d’experts redoutent qu’il ne devienne qu’un « texte d’intentions » de plus.


Un tournant majeur, mais non une fin

La signature de cet accord de Washington constitue un acte politique puissant. Elle pourrait ouvrir la voie à une véritable stabilisation de la région des Grands Lacs et à une reconstruction durable de l’Est congolais.

Cependant, la paix ne sera réelle que lorsqu’elle se matérialisera sur le terrain :

  • retour des déplacés,
  • fin des violences,
  • retrait effectif des forces étrangères,
  • neutralisation des groupes armés,
  • justice pour les victimes,
  • relance économique équitable.

L’histoire de la région a prouvé que les accords ne valent que par leur mise en œuvre. C’est désormais cela que les peuples attendent  avec espoir, mais aussi avec lucidité.

Voici le contenu complet de l’accord dans ce document PDF :


Muller Mundeke Kalonji

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