La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a été une nouvelle fois secouée par un drame d’une cruauté inouïe.
Un homme d’une trentaine d’années, identifié sous le prénom de Sylvain, a succombé à ses blessures après avoir été poignardé par un vendeur de viande grillée, dans l’après-midi du lundi 1er décembre 2025.
Une altercation banale qui tourne au drame
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, tout serait parti d’une dispute autour d’une somme dérisoire de 500 francs congolais. La victime aurait consommé quelques morceaux de viande grillée avant de constater, au moment de payer, que l’argent qu’il pensait avoir dans ses poches avait disparu.
Un témoin rencontré au quartier Kyeshero, dans la commune de Goma, revient sur la scène :
« À l’endroit communément appelé Banalu, le monsieur Sylvain a mangé pour 500FC. Lorsqu’il a voulu payer, il n’a pas retrouvé son argent. Le vendeur s’est emporté et, après une brève dispute, il l’a poignardé d’un coup de couteau. Sylvain est tombé directement. »
La blessure, profonde, n’a laissé aucune chance à la victime. Il est décédé quelques minutes plus tard, malgré l’intervention des habitants attroupés autour du lieu du drame.
Fuite du présumé auteur et ouverture d’enquête
D’après les informations recueillies par nos sources locales, le jeune vendeur incriminé a immédiatement pris la fuite après avoir porté le coup fatal. Sa localisation reste inconnue à ce stade.
Le quartier Kyeshero se trouvant actuellement sous contrôle de l’AFC-M23, ce sont les éléments de ce mouvement qui ont ouvert une enquête pour retrouver le fugitif et établir les responsabilités.
Un drame révélateur des tensions sociales
Cet incident, survenu pour une somme insignifiante, relance les débats sur l’insécurité, la pression économique et la montée de la violence dans les quartiers populaires de Goma. La population, choquée, déplore qu’une simple incompréhension liée à un paiement puisse conduire à la perte d’une vie humaine.
« La vie humaine ne vaut plus rien ici. Mourir pour 500FC ? C’est incompréhensible et inacceptable », s’indigne un habitant de Kyeshero.
Appel à des mesures préventives
Les leaders communautaires interpellent les autorités locales quel que soit l’acteur contrôlant les zones afin de renforcer l’ordre public, sensibiliser les jeunes vendeurs et protéger les civils, particulièrement dans les zones urbaines où la misère et la méfiance alimentent les tensions.
Suzanne Kalambay Mujinga
