La tension reste palpable à Mwenga-centre ce dimanche 30 novembre 2025, malgré un calme apparent observé dans la matinée.
L’agglomération vit sous la menace persistante des rebelles du M23, déterminés à s’emparer de cette position stratégique du territoire de Mwenga, dans la province du Sud-Kivu.
Mwenga-centre toujours sous contrôle des FARDC et des Wazalendo
Contrairement aux rumeurs massivement relayées sur les réseaux sociaux annonçant la chute de Mwenga-centre, la situation réelle est toute autre. Selon des sources sécuritaires locales contactées par notre rédaction, les Forces Armées de la RDC (FARDC), appuyées par les groupes d’autodéfense Wazalendo, maintiennent fermement le contrôle de la localité.
« Mwenga-centre demeure sous contrôle des FARDC. Les positions de l’armée sont intactes et aucun mouvement rebelle n’a été signalé dans l’agglomération », affirme une source jointe sur place.
Les éléments du M23/RDF se trouvent actuellement à environ 15 kilomètres de Mwenga-centre. Les deux camps restent séparés par la rivière Ulindi, dont le pont principal a été détruit par les Wazalendo. Cette destruction constitue pour le moment un frein majeur à toute avancée directe des rebelles vers le chef-lieu du territoire.
Le M23 affiche ses ambitions : Mwenga et Kamituga dans le viseur
Le vendredi 28 novembre, les rebelles ont tenu un bref meeting à Kiomvu, localité située le long de l’axe routier menant à Mwenga-centre. Devant une population visiblement inquiète, les insurgés ont réaffirmé leur objectif : prendre Mwenga-centre, mais également s’emparer de Kamituga, l’une des villes minières les plus importantes du Sud-Kivu.
Dans leur progression, le M23 a déjà occupé les villages de Kalambi et Kasika, provoquant l’exode de nombreux habitants et laissant le terrain libre à leur avancée. Ces localités, situées à proximité immédiate de Mwenga-centre, constituent des positions clés pour une éventuelle offensive d’envergure.
Un cessez-le-feu encore théorique malgré l’accord de Doha
Cette résurgence des combats intervient dans un contexte paradoxal : il y a à peine quelques semaines, le gouvernement congolais et la coalition rebelle AFC-M23 ont signé à Doha un accord-cadre prévoyant notamment un cessez-le-feu immédiat.
Cependant, aucune désescalade réelle n’a été observée sur le terrain. Les opérations offensives se poursuivent, alimentant la psychose au sein des populations civiles déjà éprouvées par des mois d’insécurité.
Une situation volatile mais sous surveillance
Pour l’heure, Mwenga-centre reste sous protection des FARDC et des groupes d’autodéfense, même si l’ombre d’une attaque rebelle plane toujours. Les habitants, eux, oscillent entre espoir et inquiétude, dans l’attente d’une stabilisation durable de la zone.
La situation demeure évolutive, et les autorités provinciales appellent la population au calme tout en assurant que des dispositions militaires supplémentaires sont en cours pour empêcher la progression des rebelles.
Muller Mundeke Kalonji
