Des affrontements d’une rare tension ont éclaté dimanche soir à Uvira entre des éléments du groupe d’autodéfense Wazalendo et des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Selon un premier bilan communiqué par l’Hôpital général de référence d’Uvira, deux personnes ont été tuées et quinze autres blessées, dont un enfant touché par balle.
Le docteur Mashupe Salomon, médecin traitant, a confirmé que certains blessés ont été pris en charge dans d’autres structures sanitaires, en raison de l’afflux massif de victimes touchées par des balles perdues. « Plusieurs personnes se sont présentées avec des plaies causées par des projectiles lors des tirs croisés », a-t-il précisé.
Une distribution d’aide humanitaire dégénère
Les premiers éléments recueillis par des témoins et des organisations locales, dont le mouvement citoyen LUCHA, indiquent que l’incident se serait produit à la Cathédrale Saint-Paul, dans le quartier Songo, lors d’une opération de distribution de vivres destinée aux familles vulnérables d’Uvira.
Des membres du groupe Wazalendo auraient tenté, selon ces sources, de perturber l’opération dans le but d’obtenir une part de l’aide, ce qui a provoqué l’intervention immédiate des FARDC chargées de sécuriser le site. La situation aurait rapidement dégénéré en échange de tirs, laissant les civils comme principales victimes.
Le Programme Alimentaire Mondial (PAM), partenaire humanitaire à l’origine de cette distribution, n’a pour l’heure émis aucune déclaration officielle sur l’incident.
Les FARDC annoncent une communication dans les heures à venir
Approchées par la presse locale, des sources au sein de l’armée ont reconnu l’incident mais se refusent pour l’instant à confirmer les circonstances précises ayant conduit à l’escalade. Elles annoncent une communication officielle dans les prochaines heures, afin d’établir les responsabilités et éclaircir le déroulement des faits.
En attendant, les autorités administratives locales affirment que “la situation est désormais maîtrisée”, bien que l’atmosphère reste tendue dans plusieurs quartiers de la ville, où la population demeure en état d’alerte.
Une fragilité sécuritaire persistante
Cette nouvelle flambée de violence intervient dans un contexte de fragilité sécuritaire croissante dans la plaine de la Ruzizi. Plusieurs incidents impliquant des milices locales et des forces régulières ont été signalés ces derniers mois, malgré la présence renforcée des FARDC dans la région.
Des observateurs locaux appellent à une meilleure coordination entre les forces armées et les groupes d’autodéfense, souvent tolérés mais difficiles à contrôler, ainsi qu’à la protection renforcée des actions humanitaires destinées aux populations civiles.
Bilan provisoire
Nature des victimes Nombrze Morts 2 Blessés 15 Parmi les blessés : enfants 1
Muller Mundeke Kalonji
