Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont mené une opération ciblée contre une mine d’or exploitée illégalement par des ressortissants chinois en complicité avec les rebelles du M23, située dans la localité de Tubimbi, au territoire de Walungu. L’information a été rapportée par plusieurs sources locales.
Située dans une zone sous contrôle du M23, la mine de Karembu restait active jusqu’à ce jeudi soir. Les bombardements ont provoqué la fuite des exploitants chinois, qui se sont réfugiés à Bukavu, tandis que l’activité minière dans cette zone est désormais interrompue.
Panique et bombardements à Minembwe
Dans un autre secteur du Sud-Kivu, Minembwe a été frappé par un nouvel épisode de bombardements. Selon Claude Nyarugabo, notable de la zone, la situation a dégénéré ce vendredi vers 12h45. Un avion de chasse de type Soukhoï aurait visé à deux reprises le village de Mikenge, touchant notamment le camp des déplacés Banyamulenge et une antenne de Vodacom.
« La panique est généralisée parmi la population. Les écoles se sont vidées et élèves comme parents se sont réfugiés en brousse sous une pluie battante », rapporte Nyarugabo.
Ces attaques ne sont pas des incidents isolés. Selon ses observations, deux avions Soukhoï ont survolé Minembwe à plusieurs reprises la veille, tandis que des drones avaient déjà bombardé le village de Mikenge et celui de Rwitsankuku les 15 et 17 novembre.
Une population civile prise pour cible
Claude Nyarugabo dénonce ce qu’il qualifie d’« acharnement meurtrier et incompréhensible contre les Banyamulenge et la population civile de Minembwe et ses environs ». Il souligne que ces bombardements, visant des infrastructures et la population, ne produisent aucun gain territorial tangible pour le gouvernement.
« Bombarder pour tuer des civils et détruire des infrastructures est non seulement une manière étrange de faire la guerre, mais aussi la preuve d’une politique de méchanceté et un indicateur de l’échec du régime en place », affirme Nyarugabo.
Ces incidents interviennent dans un contexte de tensions persistantes au Sud-Kivu, où les affrontements entre les FARDC appuyées par les Wazalendo et le M23, continuent de déstabiliser certaines zones. La situation humanitaire demeure préoccupante, avec des milliers de déplacés et des communautés vivant dans la peur constante de nouvelles attaques.
Muller Mundeke Kalonji
