Une proposition de loi visant à modifier l’hymne national congolais a été déposée récemment à l’Assemblée nationale par le député Obedi Nyamangyoku.
L’élu suggère que les noms d’Étienne Tshisekedi et de Félix Tshilombo, figures emblématiques de l’histoire politique récente de la RDC, y soient inscrits en reconnaissance de leurs sacrifices et de leur engagement pour le pays.
Selon le député Nyamangyoku, « les efforts et les luttes de ces deux leaders transcendent les horizons et méritent d’être immortalisés dans l’un des symboles les plus prestigieux de notre nation ». Il estime que cette modification serait un acte de mémoire et de reconnaissance nationale, renforçant le sentiment d’unité et d’appartenance au sein des Congolais.
La proposition a immédiatement suscité de vives réactions dans le pays. Certains Congolais soutiennent l’initiative, arguant que l’histoire contemporaine de la RDC ne peut être dissociée des combats menés par Étienne Tshisekedi pour la démocratie et la défense des droits du peuple. D’autres, en revanche, critiquent cette démarche, estimant que l’hymne national doit rester un symbole neutre et rassembleur, sans référence à des personnalités politiques spécifiques.
Des spécialistes en droit constitutionnel rappellent que toute modification de l’hymne national nécessiterait non seulement l’adoption d’une loi au Parlement, mais également une large consultation populaire afin d’assurer l’adhésion de la population.
« L’hymne national est un patrimoine collectif, il doit refléter l’identité de tous les Congolais et non les opinions ou préférences politiques d’une minorité », souligne un juriste basé à Kinshasa.
Cette initiative relance le débat sur la mémoire et le rôle des figures politiques dans la construction de l’identité nationale. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la proposition sera examinée en commission parlementaire et, éventuellement, débattue en séance plénière.
En attendant, les réseaux sociaux restent le théâtre d’échanges passionnés : hashtags, sondages et commentaires témoignent d’un pays partagé entre hommage et prudence dans le traitement des symboles nationaux.
Ilunga Mubidi Oscar
