RDC : l’AFC-M23 annonce le désarmement de tous les Wazalendo dans le cadre de l’accord de Doha

Lors d’une conférence de presse ce jeudi 20 novembre, le mouvement AFC-M23 a présenté les grandes lignes de l’accord-cadre signé à Doha entre ses représentants et le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC).

Selon ses responsables, cet accord ouvre une “nouvelle ère de paix” mais s’accompagne d’engagements sécuritaires lourds parmi lesquels la neutralisation de tous les groupes armés, y compris les Wazalendo.

1. Un accord qui va au-delà du cessez-le-feu

L’AFC-M23 insiste : l’accord de Doha n’est pas qu’une cessation des hostilités. Il consacre un dispositif complet de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des groupes armés non étatiques. Un protocole technique portant sur les “arrangements sécuritaires intérimaires et DDR” devra être appliqué progressivement.

Le gouvernement congolais, de son côté, voit dans ce texte le point de départ d’un rétablissement progressif de l’autorité de l’État dans les zones affectées par les affrontements.

2. Le désarmement annoncé des Wazalendo

Le mouvement rebel a déclaré que tous les Wazalendo présents sur le territoire congolais seront désarmés. Ce point marque une rupture importante, car ces éléments sont pour certaines appuyées localement et parfois associées aux opérations militaires congolaises.

Le M23 justifie cette mesure en soulignant la nécessité de neutraliser tous les groupes armés, qu’ils soient locaux ou étrangers, afin de restaurer la sécurité de manière globale et durable.

3. Qui pilotera le processus ?

L’accord prévoit la création d’un mécanisme indépendant chargé de superviser son application. Ce dispositif inclura des experts nationaux et internationaux et devra travailler aussi sur des questions sensibles comme la vérité, la réparation des victimes, la réconciliation et la justice transitionnelle.

Sur le plan militaire, la mise en œuvre du DDR pourrait prévoir, dans certains cas, l’intégration conditionnelle des combattants dans les FARDC ou la Police nationale, selon des critères stricts liés au comportement, à l’aptitude et au respect des droits humains.

4. Un accord qui suscite déjà des critiques

Plusieurs voix s’élèvent déjà sur la scène politique congolaise. L’opposition estime que cet accord pourrait affaiblir davantage la souveraineté du pays si la mise en œuvre n’est pas rigoureusement contrôlée. Certains analystes rappellent qu’un accord-cadre n’est pas encore un accord de paix complet : il faut encore négocier différents protocoles techniques (retour des déplacés, justice, réformes sécuritaires, etc.).

Ces critiques mettent en lumière une question centrale : qui garantira réellement le désarmement des Wazalendo et des autres milices ? Quelles en seront les conséquences politiques et sécuritaires ?

5. Enjeux régionaux et perspectives

L’accord de Doha s’inscrit dans un contexte où plusieurs acteurs internationaux et régionaux cherchent à stabiliser l’Est de la RDC. Le rôle des médiateurs étrangers et des institutions diplomatiques est déterminant pour la suite des négociations.

Si le texte est appliqué avec transparence et fermeté, il pourrait marquer un tournant majeur vers la pacification durable de l’Est. Toutefois, l’expérience congolaise en matière d’accords de paix rappelle que la réussite dépendra surtout de la capacité de l’État à réoccuper les zones libérées, à désarmer réellement les milices et à assurer la cohésion nationale.


Muller Mundeke Kalonji

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