Un nouveau tournant s’opère au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Le général-major Nyembo Abdallah a officiellement été désigné comme commandant de la 3ᵉ Zone de défense, en remplacement du général Pacifique Masunzu, interpellé début novembre et transféré à Kinshasa.
Chute de Nzibira et arrestation de Masunzu
Selon plusieurs sources sécuritaires, l’arrestation du général Pacifique Masunzu serait intervenue après la chute stratégique de Nzibira, une localité située dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu), passée récemment sous le contrôle des rebelles de l’AFC-M23. Ce poste militaire, considéré comme clé dans la défense de la région, aurait été perdu dans des circonstances jugées « incompréhensibles » par la hiérarchie militaire.
Le général Masunzu, alors commandant de la 3ᵉ Zone de défense, aurait été interpellé à Kisangani avant son transfert à Kinshasa, où il serait entendu sur de sérieux manquements dans la conduite des opérations militaires face à l’avancée rebelle.
Une zone militaire décisive au cœur des conflits
La 3ᵉ Zone de défense constitue l’une des entités militaires les plus sensibles du pays. Elle couvre une vaste partie de l’Est et du Nord-Est congolais, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema, la Tshopo, le Bas-Uélé et le Haut-Uélé. Cette zone fait face simultanément à :
- des opérations contre les rebelles AFC-M23 soutenus par le Rwanda,
- la persistance des ADF dans plusieurs zones forestières de l’Ituri et du Nord-Kivu,
- des groupes armés locaux très actifs dans les provinces forestières et minières.
La conduite opérationnelle qui y est exercée influence directement la stabilité de l’ensemble du pays.
Le choix Nyembo Abdallah : une mission lourde et urgente
Le général-major Nyembo Abdallah, considéré comme un officier méthodique et discret, hérite donc d’un mandat hautement stratégique. Son arrivée intervient alors que les FARDC tentent de réorganiser plusieurs fronts, alors que les rebelles progressent dans certains territoires malgré les efforts militaires et diplomatiques.
Selon des sources proches du dossier, la priorité de Nyembo devrait être :
- restructuration opérationnelle immédiate des unités engagées,
- renforcement de la discipline dans la hiérarchie locale,
- accélération de la contre-offensive face à l’AFC-M23,
- coordination plus stricte avec les services de renseignement et les partenaires internationaux.
Une armée sous pression
Cette nomination intervient dans un contexte de critiques croissantes contre la gestion des opérations militaires dans l’Est. La pression populaire, l’exigence de résultats et l’avancée rebelle créent un climat où chaque décision stratégique est scrutée.
Si l’arrestation du général Masunzu apparaît comme une mesure de responsabilité, le défi désormais pour son successeur sera de redonner confiance aux troupes, d’améliorer l’efficacité des opérations et d’apporter des victoires concrètes sur le terrain.
Muller Mundeke Kalonji
